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Attendre pour anticiper comme DieuAttendre dans notre société : attendre dans un bateau aux conditions précaires qu’un port veuille bien vous accueillir, vous les migrants. Attendre une visite quand vous êtes malade, isolé, prisonnier ; attendre la guérison, la libération. Attendre la distribution alimentaire si vous ne pouvez subsister autrement. Attendre que la vie économique reprenne dans une vision de justice pour tous. Attendre la fin du confinement pour retrouver des relations familiales et sociales normalisées. Attendre un vaccin ; attendre de meilleures conditions d’exercice des soins, de meilleures conditions d’humanisation…

Avent

L’Avent : temps où chercher ce qui est primordial pour soi, pour autrui, pour nous, en France et dans le monde, maintenant et ensuite. Il se réalise dans l’attente et les appels : appels reçus, appels vers autrui, appels vers Dieu dans la fidélité à la prière. N’oublions pas : c’est un temps de « joyeuse attente » qui trouve sa source dans la joie de l’Esprit. Nous avons à nous tenir dans un temps de vigilance pour guetter la venue du Sauveur. Cherchons à le vivre dans le recueillement source de paix, dans une attention à soi-même, au monde, concrètement. Laissons-nous interroger par les besoins de notre prochain, en y répondant si possible. Il convient d’apprendre à « anticiper, comme Dieu le fait toujours avec nous », dit le pape François.

Parole

L’Ancien Testament est traversé par des attentes et des appels: les habitants de l’Arche attendent la fin du déluge ; Moïse, les bras soutenus par Aaron et Hur, attend la fin du combat entre Josué et Amalek. Les prophètes clament l’attente de la conversion du peuple d’Israël ; celui-ci, en exil, attend le retour à Jérusalem.
Dans l’Évangile, chaque catégorie de ceux qui ont écouté le message de Jean-Baptiste au Jourdain lui demande: « Que devons-nous faire ? ». Nous pouvons nous poser cette question : « Quelles sont mes attentes ? Que dois-je changer concrètement dans ma vie pour la transformer, me convertir, afin que la présence de Dieu y trouve un chemin balisé ? ».

Contemplation

La réponse de Dieu à ces attentes, à ces appels est l’événement inouï qu’est l’Incarnation. Nous qui vivons la spiritualité du Cœur de Jésus, contemplons ce Cœur qui prend chair dans la simplicité, la pauvreté, dans un milieu familial ordinaire parmi les gens humbles de la Palestine d’alors. Demeurons dans cette attente, vigilants à l’Incarnation de Dieu dans toutes les dimensions de notre monde blessé.

Joie

Dans une famille, le temps de l‘attente d’une naissance est habité de joie, de paix, d’espérance pour que tout se passe bien afin que l’enfant attendu trouve sur terre son chemin de Vie. Dans cette crise que nous traversons, cherchons notre chemin de Vie.

Et à Noël, écoutons et chantons avec les bergers, les plus humbles des humbles dans leur société : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux », dans l’émerveillement constant de cette Nativité.

Monique Barrère
Conseil Général de la SVECJ

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