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l'audace de l'espéranceNotre foi en Jésus-Christ, fils de Dieu, nous pousse à l’audace de l’espérance. Paul, dans son épître aux Romains, nous invite – à l’image d’Abraham – à faire confiance au Seigneur. Cette audace de l’espérance n’est pas aisée, c’est même un acte de foi que nous avons à faire. Si nous regardons le monde, nous voyons bien la gageure que cela représente. Les femmes et les hommes continuent de s’entretuer, en paroles et parfois en actes. La planète ne va pas bien non plus, ce qui fait germer davantage d’inquiétude. Pourtant, c’est bien dans ce monde et dans ce temps que nous sommes invités à « vivre l’Évangile en plein monde », comme nous aimons le dire.

Demander la grâce de l’audace de l’espérance

Il nous faut donc demander la grâce de conserver en nos cœurs l’audace de l’espérance. Pour cela, nous avons l’Écriture qui nous donne de suivre le Christ de plus près. Nous avons à « sentir et goûter intérieurement », à chercher de quelle manière son alliance peut prendre corps dans notre vie et dans ce monde blessés.

La contemplation de son Cœur, nous introduit là où il demeure uni à son Père et à l’Esprit, comme à tous les hommes. Cet amour guérit nos blessures et nos peurs. Il transfigure nos pauvretés et nos faiblesses en lieu de révélation de sa tendresse. Il nous ouvre à la vraie compassion.
Jésus nous envoie construire l’Église des Béatitudes avec les pauvres, les petits, les humbles, les pécheurs et avec tous ceux qui s’ouvrent à l’amour. Pdv n°12

Cette alliance nous propose d’entendre le fol amour de Dieu qui se dit, malgré tout, au cœur de notre monde. Pour nous aider, nous pouvons prendre appui sur la tradition igniatienne et prendre le temps de prier avec « la contemplation de l’incarnation ». Elle nous dit le projet de Salut des trois personnes divines pour notre monde.

Par son incarnation, le Christ nous invite à cultiver en nous l’audace de l’espérance. Elle est au cœur de son message.

Envoyés pour annoncer l’amour

Nous en nourrir c’est accepter d’être envoyé par Lui pour être des femmes et des hommes de réconciliation. Cette mission prend sa source au soir du Jeudi saint où le Christ, anticipant sa mort et sa résurrection, se broie, en nous donnant sa vie, pour que le monde en vive. Chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, qui est le lieu source de notre vie chrétienne, nous communions à l’audace de l’espérance. Par ce sacrement, plus rien n’est comme avant. Dieu se donne à nous, Il se fait nourriture pour que nous poursuivions le chemin. Même si ce dernier est rude, fatigant, parfois usant, nous savons que nous n’y sommes pas seuls.

L’Eucharistie : sacrement de l’espérance

Toute Eucharistie célébrée, qu’importe la taille de l’édifice, vient rassembler mystiquement le peuple de Dieu et lui donner la force et l’audace de l’espérance. Il s’agit bien d’un élan qui nous invite à poursuivre la route du plus grand amour. Pour autant, reconnaissons qu’il y a bien des obstacles sur ce chemin. Les premiers sont en notre cœur. C’est lui qu’il nous faut d’abord pacifier en demandant la grâce qu’il soit chaque jour davantage en résonance avec celui du Christ. Ainsi nous pourrons davantage construire cette maison commune qui nous est confiée. C’est un désir que nous avons à cultiver si nous voulons être fidèles à notre vocation de filles et fils de Dieu.

Engagés au cœur du monde

Soyons donc attentifs à ne pas briser, comme saint Paul nous le recommande, l’élan de notre générosité. Poursuivons notre engagement au service du monde avec humilité et détermination. Tout en nous souvenant de cette maxime jésuite :

Agis comme si tout dépendait de Dieu et rien de toi et prie comme si tout dépendait de toi et rien de Dieu.»

Avoir l’audace de l’espérance c’est bel et bien répondre à l’appel de Dieu qui nous fait chercher « à nous situer, au milieu de nos frères humains, comme d’humbles compagnons » (PdV n°19).

Cultivons donc l’appel à « vivre avec audace : c’est vertigineux, mais cela produit une grande satisfaction » (Arturo Sosa, sj – En chemin avec Ignace : conversations avec Dario Menor, éd fidélité, 2021, p.56).

Pierre-Baptiste Cordier Simonneau
SVECJ

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