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Noël : Dieu vient rejoindre les fragilités de notre mondeContemplons autour du temps de la Nativité les fragilités rencontrées. Que voyons-nous ? Une toute jeune femme, enceinte, en chemin de Nazareth à Bethléem à pied, ou sur un âne pour moins se fatiguer, accompagnée par son mari. Le manque de place dans l’hôtellerie. Où orienter ce couple dans une bourgade bondée ? Dans l’étable où la chaleur des animaux et la paille en font un lieu d’accueil envisageable, mais néanmoins bien précaire.
L’heure de l’accouchement qui arrive, dans des conditions de précarité également.  Certainement, les femmes présentes à l’auberge se mobilisent pour aider, entourer, réchauffer, langer, soutenir dans les premiers pas de l’allaitement : mais ce sont des inconnues à la place du milieu familial et du voisinage habituel auxquels Marie aurait pu s’attendre. Quelle place pour Joseph ? Dans la salle commune provisoirement pour attendre la naissance ? Dans un coin de l’étable ?

Marginalisés et nantis en chemin

Les bergers, pauvres parmi les pauvres dans la société de ce temps. Mais une lumière vient et dirige ces êtres marginalisés vers la fragilité de l’enfant.
Notre Dieu, tout-puissant selon l’Ancien Testament, est là, vivant, dans ce nouveau-né et son environnement fragiles.
Plus tard, les mages, personnes apparemment solides, nanties, se trouvent égarés de leur chemin éclairé jusque-là. La lumière a disparu. Et la fragilité apparait. Où se diriger ?
Plus tardivement encore, voici les fragilités consécutives à la souffrance engendrée par la puissance destructrice d’Hérode, avec la violence mortelle de massacres tels que nous en vivons encore dans le monde, chassant les personnes de tous âges hors de leur pays sur les routes de l’exil.

Quel regard sur les fragilités de notre temps

Comment nous situons-nous dans notre monde d’aujourd’hui face à ses fragilités que nous pouvons lire en lien avec celles contemplées au début de la vie de Jésus et dans les prémices du christianisme ? Les voyons-nous ou les éludons-nous, ces fragilités, celles de notre Église également. Nous sommes bien obligés de les admettre après des décennies où la puissance était célébrée, affirmée comme le moyen de réussir sa vie, dans la force, la richesse, l’élitisme, le pouvoir en laissant les personnes fragiles de côté ? Cependant, lisons-nous les signes des temps à la lumière de la Nativité pour y discerner les fragilités qui existent depuis toujours et que la situation actuelle souligne davantage, que ce soit dans le monde profane ou religieux ?

De quelle(s) manières j’accueille mes propres fragilités

Et mes propres fragilités ? Quelles sont-elles ? Comment est-ce que je les accueille ? Est-ce que je sais les lire à la lumière de l’Évangile, les mettre en lien avec les fragilités de la vie de Jésus ? Quelles sont celles que je ne perçois pas d’emblée, qui surviennent comme chez les mages au détour d’un chemin ?

Quelle est la lumière qui éclaire mon chemin au cœur de nos fragilités ? Lumière venue de mon frère et ma sœur en humanité comme cela s’est peut-être passé à l’auberge ? celle venant du Seigneur, comme chez les bergers, les mages, Joseph ?
Que contemplons-nous de la présence de Joseph, quelle écoute de sa part, quel accompagnement tout au long de ce chemin ?
Savons-nous écouter au cœur de nos fragilités la parole de Dieu selon la lumière particulière dont elle se manifeste à chacun de nous ? Est-ce que je sais discerner cette lumière particulière ? Est-ce que je sais entendre la voix intérieure qui m’ouvre un chemin à découvrir, à parcourir ?

Prendre soin des fragilités

Avec des compagnes et des compagnons, savons-nous voir et prendre soin des fragilités de ceux que nous côtoyons ainsi que de nos propres fragilités ?

Croyons-nous qu’au cœur de la fragilité se révèlent l’Espérance et la Vie, tel que nous le montre ensuite le chemin de Passion et de Résurrection ?  Et que du cœur de nos fragilités humaines peut surgir la fécondité d’une vie donnée ?

Monique Barrère SVECJ

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