Porter du fruitAvec Jésus naît une nouvelle conception de la fécondité : toute femme, tout homme peut devenir fécond non en enfantant mais en faisant la volonté du Père. Jésus vient bouleverser l’ordre de logique de la fécondité : l’homme n’est plus fécond parce qu’il engendre, il est fécond parce qu’il se reconnaît comme appartenant au Christ. Toute la vie du Christ est un témoignage à la fécondité qu’il a transmis à ses apôtres, au monde et à chacun(e) de nous.

Dans le langage courant, la fécondité est souvent comprise comme la capacité à avoir des enfants, à transmettre biologiquement la vie. En fait la fécondité est plus large que la fertilité : elle ne se réduit pas à la biologie. Ceux qui n’ont pas d’enfant peuvent être extraordinairement féconds.

Qu’est-ce qu’être fécond alors ? C’est bien transmettre la vie, mais en un sens large : la partager avec d’autres, la faire découvrir, la faire aimer, la rendre belle. Comme chrétien, nous avons à soutenir ou susciter la fécondité de personnes qui ne semblent pas pouvoir être fécondes au premier abord. Je pense à tous les « sans voix », « les blessés de la vie »…

On peut être fécond de multiples façons : bien sûr comme parent, en accompagnant ses enfants, mais aussi comme parrain, marraine, dans des relations d’amitié profonde et vraie, dans l’engagement d’une vie de couple, dans des engagements familiaux, associatifs, ecclésiaux, dans la vie sacerdotale, dans la consécration religieuse et séculière où un service des autres est vécu. Sans oublier la fécondité plus discrète des personnes âgées, malades, handicapées profondes…des personnes qui ne « font » pas, mais qui le « sont » par de tout petits signes, parce que la vie ne leur permet pas de « faire ». Vivre l’Évangile en plein monde est une fécondité accessible à tout un chacun.

Au fond, la fécondité vient d’un engagement dans une relation personnelle. La prière oriente et enrichit ma fécondité propre. Elle se découvre dans un lien où l’on donne et où l’on reçoit. Elle peut passer par des difficultés, des combats, des offenses, des pardons, offerts et reçus. Elle n’est pas forcément un long fleuve tranquille. Mais si l’on croit qu’il n’y a pas de bonheur authentique sans un certain don de soi et des liens vrais avec d’autres, être fécond est un besoin profond du cœur et de l’âme.

Ne pas avoir d’enfant peut être un manque profond, une souffrance qu’il n’est facile d’assumer. Se rappeler que l’on peut être fécond, même sans passer par une procréation, est alors important. Cela peut être un passage, une décision, un acte de foi à vivre avec Dieu.

En Famille Cor Unum, chacun est appelé à être fécond, à donner vie, à faire grandir. La vie vient de Dieu, elle est un cadeau. Il nous appelle à la partager. C’est à la fois la promesse d’une joie et une exigence de la foi. Pour autant, les chemins de la fécondité ne sont pas écrits à l’avance.


Approfondissement
  1. Est-ce que notre regard, notre action peut susciter une fécondité chez des personnes dont on ne penserait pas qu’elles puissent être fécondes de par leur situation sociale, matérielle ?
  2. comment, aujourd’hui, je donne la vie autour de moi qui ouvre vers un avenir ?
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