Temps de lecture : 5 minutes(Last Updated On: 28 novembre 2023)

En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire (cf. Mt 28, 19). Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation…Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour  de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes « disciples » et « missionnaires », mais toujours que nous sommes « disciples-missionnaires ». Si nous n’en sommes pas convaincus, regardons les premiers disciples, qui immédiatement, après avoir reconnu le regard de Jésus, allèrent proclamer pleins de joie : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41). La samaritaine, à peine eut elle fini son dialogue avec Jésus, devint missionnaire, et beaucoup de samaritains crurent en Jésus « à cause de la parole de la femme » (Jn 4, 39). Saint Paul aussi, à partir de sa rencontre avec Jésus Christ, aussitôt se mit à prêcher Jésus (Ac 9, 20),

La Joie de l’Évangile (n°120)

Disciples missionnaires par vocation

Nous sommes une Société de Vie Évangélique qui vivons ensemble Évangile et Mission. . La mission est notre être. Elle est le cœur de notre baptême et de notre confirmation. Je suis une mission sur cette terre, et pour cela, je suis dans ce monde. Je dois reconnaître que je suis comme marqué au feu par cette mission afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer. Là apparaît l’infirmière dans l’âme, le professeur dans l’âme, le politique dans l’âme, ceux qui ont décidé, au fond, d’être avec les autres et pour les autres (Joie de l’Évangile 273).

Nos engagements nous mettent sur ce chemin de Vérité, de Vie, d’Amour

Au service de l’amour, nous vivons une période de l’histoire difficile. Nous pensions peut-être que le monde avait fait des progrès pour la paix alors que le colonialisme sous toutes ses formes est toujours aussi violent, le racisme et l’antisémitisme toujours tenaces chez les jeunes. Quant aux anciens, souvent, ils n’ont rien appris ni rien oublié. Ne nous imaginons pas que nos fondateurs aient eu une vie plus tranquille.

Nos fondateurs : des missionnaires

Pierre de Clorivière et Daniel Fontaine ont connu l’un et l’autre l’exil à cause des persécutions dont étaient victimes les chrétiens. À chaque fois, pendant la révolution ou à la séparation de l’Église et de l’État, l’Église a été dépouillée de ses biens ; les chrétiens, les prêtres, les évêques ont été chassés de France. À chaque fois, c’est la mission universelle, les périphéries qui en ont bénéficié. Le premier laïc engagé au martyrium de Montmartre le 2 février 1791 est mort martyr.

De nos jours, les membres de l’Institut, la SVECJ au Vietnam vivent leur foi dangereusement. Je les ai rencontrés. Soyons des témoins courageux. J’ai été proche de Christian de Chergé et de Jean Marie Tchibaou : tous deux étaient paisibles et non violents. Mais passionnés d’amour et de vérité, de justice et de paix. Nos deux fondateurs ont vécu des temps de guerre terribles : celles de la Révolution et de l’Empire pour Pierre, les guerres de 1870 et de 1914-1918 pour Daniel.

Missionnaires en plein monde

Au cœur de ce monde, notre Pape François, les évêques de France à Lourdes, les membres du synode se recentrent sur l’essentiel : l’annonce des béatitudes, l’évangélisation, le souci des minorités, des immigrés, des indifférents , des victimes des abus sexuels, qui sont des exilés de l’amour.

Là encore, nos fondateurs nous entraînent au service des plus pauvres, des plus éloignés de l’amour de Jésus. Pierre de Clorivière nous décrit un curé qui, dans sa paroisse, donne la priorité aux handicapés, aux personnes fragiles, aux violents, aux criminels. Quant à Daniel Fontaine il est le curé des chiffonniers, des prostituées, des orphelins (d’Auteuil ! ). Son domaine privilégié, ce sont les taudis. Il n’oublie pas d’appeler les riches, les intellectuels, au souci des pauvres et des humbles ( Paul Claudel par exemple).

L’engagement à un grand esprit de pauvreté, à une vie selon les béatitudes, c’est la vie évangélique selon le Cœur de Jésus.

Attachés au Coeur de Jésus

La source de notre vie quotidienne à la suite de Jésus, c’est l’attachement au Cœur de Jésus . Nous sommes disciples missionnaires du Cœur de Jésus. Jésus rejoint les détresses , les joies de son temps et de notre temps. Il appelle Matthieu le douanier et ensuite il va déjeuner chez lui. Ils font la fête. Les pharisiens, les scribes lui reprochent de manger lui et ses disciples avec des pécheurs. Jésus répond : « je ne suis pas venu pour les bien portants mais pour les malades (Luc 5, 31) ». Jean-Baptiste inquiet devant la violence qu’il subit et devant les turpitudes des grands se demande si Jésus qu’il a désigné comme le Messie est bien le Messie (Luc 7, 20)

Dieu visite son peuple

La compassion du Christ envers les malades et ses nombreuses guérisons d’infirmes de toute sorte (cf. Mt 4, 24) est un signe éclatant de ce ” que Dieu a visité son peuple ” (Lc 7, 16) et que le Royaume de Dieu est tout proche. Nous partageons l’amour de Jésus pour l’annonce de la Bonne nouvelle  « Dieu est Amour » auprès des plus démunis, des immigrés mais aussi des intellectuels et des riches qui sont capables de passer par le trou de l’aiguille comme Zachée.

Partageons la tendresse de Jésus pour la veuve de Naïm, pour les lépreux, les femmes et les hommes de mauvaise vie, pour les villes et les villages qui ne connaissent pas son amour. Pleurons avec ce Dieu qui pleure. Jésus ne vient pas seulement guérir les corps mais il vient pardonner les péchés (cf. Mc 2, 5-12) : il est venu guérir l’homme tout entier, âme et corps ; il est le médecin dont les malades ont besoin (cf. Mc 2, 17). Jésus est un soignant. Il utilise les soins de l’écoute et de la parole auprès des malades, des souffrants. Il va au-devant de leurs détresses : que puis-je faire pour toi ?

Missionnaires pour suivre le Christ

Notre Institut a été créé pour les temps de crise. Dans nos réunions, nos retraites, cherchons non pas à survivre, mais à vivre dans l’espérance avec Marie qui a vécu sa maternité, la naissance de Jésus dans un temps de persécution et de violence. Chantons avec elle : « Mon âme exulte en Dieu, mon sauveur, il renverse les puissants de leurs trônes , il exalte les humbles. Son amour et sa miséricorde s’étendent d’âge en âge sur les pauvres de cœur. Saint est son nom ».