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Les Exercices spirituels de Saint Ignace sont un guide pour aider « celui qui les donne » à accompagner dans son chemin de conversion « celui qui les fait ». Souvent le texte du Principe et Fondement est tenu pour le porche d’entrée des Exercices. Il est peut-être plus ajusté de reconnaître l’existence d’un double porche d’entrée. L’examen particulier en fait partie (n°24-26).

En plus de ce texte à dimension prospective, le Principe et Fondement, qui dit ce qui devrait être, « l’homme est créé pour louer, respecter et servir Dieu notre https://www.revue-christus.comSeigneur et par là sauver son âme », il faut aussi considérer le bloc des examens comme porche d’entrée dans la démarche avec sa dimension rétrospective. Là il s’agit de mesurer ce que je fais concrètement dans mon existence et de pouvoir l’exprimer. Ce bloc des examens commence par l’examen particulier. Par ailleurs, il comprend l’examen général de conscience, ainsi que la confession générale et la communion.

Demande de grâce

Celui-ci est proposé comme moyen « de se garder avec soin du péché particulier ou du défaut dont on désire se corriger et s’amender ». Pour cela le retraitant est invité à se formuler son intention de changement au lever. Puis à midi et le soir il demande au Seigneur « la grâce de se rappeler combien de fois on est tombé afin de s’amender à l’avenir ».

Alors le retraitant repasse sa journée en marquant sur une ligne un point pour chaque fois où il est tombé. Il termine en reformulant son désir de s’amender. Le retraitant poursuit ainsi sa démarche en rendant compte à son accompagnateur de temps en temps. Cet exercice n’est à vrai dire en rien volontariste. Il aide simplement à ne pas se payer de mots, en constatant les faits. Il est ouverture de relation, en demandant sans cesse son aide au Seigneur.

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Pratique

Sa pratique, tirée des Exercices, peut nous éclairer sur comment ça marche concrètement. Je l’ai mis, moi-même, en œuvre quelques fois pour être notamment plus présent à ceux-ci au cours des repas. Je me disposais au moment du bénédicité et je me posais au moment de l’examen : avec qui ai-je mangé ? Tout le monde a-t-il pu s’exprimer ? L’interaction a-t-elle été équilibrée ? Je me suis rendu compte d’une réelle amélioration dans ma manière d’être au bout de quelques semaines.

Cette pratique de l’examen particulier me rend bien plus attentif à mes compagnons. Je suis alors plus capable de tracer un lien d’amitié fidèle avec eux, de soutenir alors leurs cheminements. Je suis en effet dans une grosse communauté, plus de trente jésuites. Alors, nous nous retrouvons que rarement les mêmes à partager le repas à la même table.

L’examen particulier nous aide à accueillir notre existence concrète. Il nous donne de sentir ce qui s’y joue. Cet examen particulier nous aide à trouver les moyens d’une amélioration. Il ouvre à cette connaissance intérieure de nous-même sans laquelle nous ne pouvons pas aller concrètement à la rencontre du Seigneur avec le plein de nos existences.

Jean-Luc Fabre, sj
Rédacteur-en-Chef de la revue Christus

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