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Banneux 2002 ! Surprise et Joie lorsque Mgr François Garnier annonce l’approbation pontificale de la Société de Vie Évangélique du Cœur de Jésus ! Les sœurs et frères GEM de Lyon m’avaient délégué à cette Assemblée. En 1965 j’étais entré dans la famille comme prêtre du Cœur de Jésus, fidèle à mon père spirituel Henri Rivière. Dans l’Yonne nous étions nombreux. Il y avait deux groupes de prêtres diocésains. Je suivais les examens quotidiens et mensuels : « Toute ma vie au service de Dieu et des hommes ».

Premiers pas

Le 26 août 1968 à Cormery, chez les Oblates du Cœur de Jésus, j’ai fait ma première consécration. Ensuite, toute ma vie, j’ai essayé d’être fidèle à la réunion mensuelle et aux retraites de l’Institut. Au temps du Père Jean Canivez, pour suivre des études bibliques j’ai été hébergé une fois par semaine au 202, avenue du Maine, le siège de l’Institut. L’esprit de la maison m’a imprégné. La Règle de Vie des GEM, que Jean avait préparée et proposée à cette époque, me rejoignait.

Fidèle malgré la distance

Fidei Donum en Nouvelle-Calédonie, j’ai été coupé de l’Institut. Il n’y avait qu’un seul prêtre du Cœur de Jésus à Tahiti. Nous nous sommes rencontrés deux fois. En février 1973, revenu en métropole pendant les vacances de Nouméa, j’ai participé à une réunion de l’Institut à Auxerre à laquelle étaient présents François Morlot, et deux femmes : Marie-Thérèse Paillard (qui a beaucoup travaillé avec Jean Rivain) et Bernadette Poirot. Là, j’ai découvert que ce n’était plus seulement les prêtres, mais les laïcs qui participaient à nos réunions, à nos rencontres. J’avoue avoir été perplexe en disant : « On a changé ma chanson ». Pierre Dory, qui a participé à l’Assemblée de Saint Thomas et Henri Rivière m’ont expliqué l’évolution.

De retour en métropole

Je suis revenu dans le Pacifique un peu désorienté. Aussi, de retour en Métropole, prêtre au travail à la Société de construction pour les travailleurs algériens et en même temps curé de la ZUP de Sens, je suis entré dans le courant des Groupes Évangile et Mission. Toutefois, nous avions des réunions spécifiques pour les prêtres au travail. Avoir été Fidei Donum et prêtre au travail correspondait pour moi à l’esprit du Père de Clorivière.

Vivre au 202

De 1979 à 1989, j’ai vécu au 202. Sans en être membre j’écoutais les réflexions des secrétaires généraux, des évêques Jean Vilnet, Jacques Delaporte, des Conseils de l’Institut, des visiteurs de l’international. J’ai travaillé à la modification de la revue Cor Unum. Mon ambition était le retour aux sources d’autant plus que j’étais quotidiennement avec François Morlot qui écrivait sur le Père de Clorivière et Daniel Fontaine. J’étais imprégné des orientations et aussi des indécisions liées aux incertitudes que faisaient peser les congrégations romaines qui n’aimaient pas beaucoup François Morlot dont les projets, ceux de la SVECJ actuelle ne correspondaient pas à leurs canons. J’en ai été témoin personnellement.

Élargir l’espace de la rencontre

Dans l’Yonne, j’ai invité des laïcs. Pour les couples la formation et les engagements posaient problème. Nous avions accueilli, dans notre groupe, des « hôtes » mais il n’y a pas eu d’engagements. Le groupe accueillait des divorcées non remariées. Finalement, la réorganisation en trois instituts et une société clarifiait la situation en permettant à chacune et chacun de mieux répondre à sa vocation. Les prêtres ont dû choisir entre les PCJ et la SVECJ. Dans l’Yonne, les prêtres ont opté pour la SVECJ sauf un. Personnellement, mes vœux PCJ ont été transformés en engagement perpétuel dans la SVECJ à St Paul Trois Châteaux, le 4 juin 2001, un lundi de Pentecôte, entre les mains de Claire Kechich en présence de Robert Mendiburu.

Choisir la SVECJ

À la question pourquoi ai-je choisi d’être fidèle à la SVECJ ? Comme réponse je trouve la prière que j’ai prononcée ce jour-là :

Joie

Seigneur Jésus fais moi la joie de te connaître toi et notre Père, de croire en votre Amour et d’en vivre par votre Esprit de Vérité et d’Amour pour entrer jour après jour, dès maintenant, dans la vie éternelle.

 

Depuis mon enfance, j’ai été marqué par les spiritualités centrées sur ton Cœur. C’est pourquoi après mon ordination, à Sens, en 1964, pour être fidèle à ta grâce, pour te suivre du plus près possible, je me suis engagé année après année dans la famille évangélique fondée par le Père de Clorivière : les prêtres du Cœur de Jésus et ensuite les Groupes Evangile et Mission.

Choix

Aujourd’hui ,de manière définitive, je veux renouveler mes vœux dans la Société de Vie Évangélique du Cœur de Jésus avec le Groupe de Lyon après avoir suivi celui de Sens Auxerre pendant 35 ans.

Choisir de suivre le Christ

Seigneur Jésus dont le Cœur transpercé exprima sur la Croix ton amour pour l’humanité, avec ta grâce je te redis aujourd’hui ma ferme volonté de te suivre du plus près possible dans cet amour auquel tu veux nous faire communier dans la vie et dans l’Eucharistie. Sans Toi je ne peux rien promettre mais je peux tout en Toi qui me fortifies. Je veux vivre selon l’Évangile des Béatitudes :

– dans la pauvreté pour que tu sois ma seule richesse,
– dans la chasteté pour que tu sois mon seul amour,
– dans l’obéissance parce que la volonté du Père est mon seul projet.

Demande de grâce

 

Donne moi de tenir bon dans l’oraison et d’accomplir avec générosité les missions qui me sont ou me seront confiées dans ton Église.

Délivre moi de la peur. Donne moi une humble et paisible assurance. Je compte sur l’aide de mes sœurs et frères des Groupes Évangile et Mission.

Avec Marie, ma mère, Toi qui seul est fidèle à ta Parole, à l‘Alliance donne moi de tenir mes promesses jusqu’à la mort, jusqu’à ce grand Amour qui nous attend. Garde moi dans ton cœur. Amen

En famille Cor Unum

Depuis 20 ans : à Lyon, à Vézelay, à Sens j’ai fait tout mon possible pour participer à nos réunions locales et régionales. Il m’a été donné la grâce de pouvoir admirer la vie des membres de l’Institut à l’île de la Réunion, en Algérie et au Viet Nam. J’ai animé quelques retraites dans l’esprit des SVECJ en suivant les Exercices Spirituels de St Ignace : Épernon, Mont-des-Cats, Jouarre. Dans l’Yonne j’ai essayé de transmettre l’appel. Les prêtres des nouvelles générations préfèrent se retrouver entre eux. L’institut des PCJ leur conviendrait mieux. L’un d’eux a été l’hôte pendant trois ans. En quittant le diocèse, il a tenu à écrire qu’il avait aimé nos rencontres.

Dans l’espérance

Nos réunions mensuelles regroupent ISF et SVECJ. Nous avons plus de 80 ans et en ce moment les réunions sont devenues impossibles : trois sont en Ehpad et trois seulement – dont celle qui est membre de l’ISF – peuvent encore, mais difficilement, se déplacer… « L’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne ».

François Tricard, SVECJ
Prêtre du diocèse de Sens-Auxerre
Ancien vicaire général
Ancien recteur de l’université catholique de Lyon

 

 

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Catégories : Témoignages