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Des réflexions sur notre EgliseAu fil de nos rencontres nous découvrons des réflexions, des textes qui nous parlent, nous interpellent. Ils sont pour nous une mise en œuvre pratique de cette espérance qui nous habite exprimée sans timidité et sans ostentation.

Dans nos sociétés s’expriment des mécanismes de peur et la recherche de puissance, mais aussi le désir d’un avenir différent et plus fraternel. Devant ces défis, nous prenons en compte la réflexion des hommes de notre temps, et nous nous inspirons de l’Évangile, des paroles et de la vie de l’Église. Projet de Vie n°20

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L’Église devrait être un « hôpital de campagne », comme le pape François le propose. Par cette métaphore, le pape veut dire que l’Église ne doit pas rester dans un splendide isolement loin du monde, mais doit se libérer de ses frontières et apporter de l’aide là où les gens sont physiquement, mentalement, socialement et spirituellement affligés. Oui, c’est comme cela que l’Église peut se repentir des blessures infligées tout récemment par ses représentants aux plus faibles. Mais essayons de réfléchir plus profondément à cette métaphore, et de la mettre en pratique. Lire l’article

  • Photo by Andreas SOLARO / POOL / AFP

    Le Pape François a prononcée comme traditionnellement à Pâques, le dimanche 13 avril 2020, sa bénédiction Urbi et Orbi. Cette année, du fait de la pandémie de Coronavirus, c’est en absence de peuple que fut prononcée cette bénédiction (pour la première fois depuis 1941). Les mots forts du Pape sont une aide pour penser et agir dans ce monde blessé, en souffrance :

     

Chers frères et sœurs,
indifférence, égoïsme, division, oubli ne sont pas vraiment les paroles que nous voulons entendre en ce temps. Nous voulons les bannir en tout temps ! Elles semblent prévaloir quand la peur et la mort sont victorieuses en nous, c’est-à-dire lorsque nous ne laissons pas le Seigneur Jésus vaincre dans notre cœur et dans notre vie. Lui, qui a déjà détruit la mort nous ouvrant le chemin du salut éternel, qu’il disperse les ténèbres de notre pauvre humanité et nous introduise dans son jour glorieux qui ne connaît pas de déclin. Lire l’intégralité de cette Bénédiction Urbi et Orbi

Dans cette prise de conscience de notre inévitable interdépendance, l’Église perçoit qu’un don précieux émerge : la “solidarité”. Tant pour les individus que pour les instances politiques seule la prise de conscience permet le changement, ce que nous appelons la “conversion”. Celle-ci porte ses fruits dans des relations marquées par une véritable solidarité éthique et sociale.
Pour les individus, cette prise de conscience doit s’accompagner d’une ferme volonté de consacrer leur vie et leur énergie au service du bien commun. Aider les personnes à grandir dans la vertu
morale de solidarité fait partie de la vocation de l’Église. (…)
Pour les instances politiques, la conversion consiste à transformer, au moyen des législations, des réglementations et des systèmes juridiques, les structures du péché, qui détériorent les relations entre les individus et les peuples, en structures de solidarité. Lire l’intégralité de ce message. La solidarite dans la crise du Coronavirus

Grégoire Catta, sjSur le site de Croire, le jésuite, Grégoire Catta, directeur du service Famille et société de la Conférence des évêques de France (2020), en communauté en Seine Saint Denis, nous donne des éléments pour penser l’après-confinement. Son analyse est à pratico-pratique et s’enracine également dans la doctrine sociale de l’Église. Ces mots peuvent nous aider à poursuivre notre réflexion et notre engagement en plein monde

La célébration eucharistique est le centre de notre vie, mais elle n’en est pas le tout. Annoncer l’Évangile par la parole et par les actes, le service du prochain, est tout aussi important. Mais il ne s’agit pas simplement d’exercer la charité dans la relation interpersonnelle pour subvenir aux besoins de l’autre, mais aussi de participer à l’organisation de la société. C’est le défi qui nous est lancé aujourd’hui. Nous avons vécu un choc et un temps de confinement où tout s’est arrêté. Et maintenant, il s’agit de relancer l’activité économique et sociale. Plutôt que de la relancer, ne s’agit-il pas de la reconstruire ? Nous sommes appelés à une conversion personnelle et à transformer les structures. Cela peut nous sembler une montagne infranchissable. Pourtant, la doctrine sociale de l’Église nous enseigne que la transformation des personnes peut contribuer à celle des structures. Nous le voyons bien : des mobilisations de consommateurs et de citoyens font bouger les choses. Nous pouvons nous appuyer là-dessus pour ne pas en rester simplement à ce qui est indispensable – les actions de charité au plus proche de nous comme la distribution d’un panier repas – mais n’est pas suffisant pour que nos systèmes économiques ne laissent pas des personnes sur le bord du chemin. Pour nous chrétiens, ce temps est l’occasion de nous engager dans un vaste chantier avec d’autres citoyens. Lire l’intégralité de l’entretien

  • François Cassingena-Trévedy

    Facebook

    Sur son profil Facebook, François Cassingena-Trévedy, moine bénédictin de Ligugé et théologien, nous partage sur son profil Facebook une réflexion, dans le cadre de la reprise des messes après le confinement du au Covid-19. Dans ce texte, il nous aide à réfléchir sur le sens profond que prend pour nous l’Eucharistie. Il nous permet de faire la différence entre l’Eucharistie et la messe. Grâce à un parcours historique et théologique nous pouvons ouvrir l’esprit de notre intelligence et appréhender de façon neuve ce sacrement source.

L’Eucharistie n’est pas Quelque Chose, pas même la Chose la plus précieuse qui soit au monde : elle est Quelqu’un. Et ce n’est pas tout : elle est Nous, car Ceci est mon corps (Mt 26, 26), toujours au péril d’être chosifié, doit être sans cesse « équilibré », éclairé par l’affirmation paulinienne : Or vous êtes, vous, le corps du Christ (1 Co 12, 27). Peut-être la véritable « institution » de l’Eucharistie serait-elle à chercher (ou du moins à chercher davantage qu’on ne le fait d’ordinaire) dans la parole de Jésus lui-même en Mt 18, 20 : Quand deux ou trois sont réunis en mon Nom, Je suis là au milieu d’eux. L’Eucharistie n’est donc pas ce Quelque chose, si précieux soit-il, si « sacré » soit-il, à quoi nous la réduisons par commodité, par faiblesse, par régression, par intérêt : elle est Lui, elle est Nous, elle est Lui avec Nous et Nous avec Lui, elle est cet Entre-Nous au milieu duquel Il surgit (ressuscite), au milieu duquel Il se produit librement comme Événement pascal, comme Événement unique. Elle est l’Aliment vivant (Jn 6) et personnel, humano-divin (Jésus, l’homme du Père), de notre vivre-ensemble-en-Lui. Elle est Présence, elle est Acte, avec toutes les conséquences « sociales « (proprement explosives et révolutionnaires), avec tout l’humanisme intégral qui en découle et dont Mt 25, 40 donne l’indépassable formule : En vérité, je vous le dis : ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. Si l’Eucharistie est « provoquée » par notre décision de vivre ensemble (deux ou trois en mon Nom) et non par notre instinct grégaire, l’on saisit alors l’importance fondamentale de ce que nous mettons en commun, de ce que nous avons en commun, ou plutôt de ce que nous sommes en commun, et qui est proprement l’Église. L’Eucharistie n’est pas le bonbon d’une jouissance individuelle (mon Jésus à moi tout seul), mais l’inauguration sacramentelle de notre difficile construction commune en Corps du Christ, avec ses redoutables exigences et le ferme propos qu’elle réclame, car, même si nous avons toujours l’amour à la bouche et aux cordes de nos guitares, nos assemblées raboutent parfois les uns aux autres des êtres qui, en surface, ne peuvent pas se sentir, dans une proximité où se révèle l’humour du grand Vivant qui nous a invités. L’intimité la plus délicieuse avec Jésus postule la solidarité la plus industrieuse avec ses « frères : en christianisme, il n’y a pas de vie mystique en a parte. Et la « messe », quand messe il y a, n’est pas autre chose que la célébration humble, exigeante et festive de tout cela. Je dis bien « célébration » et non « cérémonie », ni « culte » ; la messe n’est pas le culte de l’Être Suprême : laissons ce vocabulaire du « culte » aux autorités publiques, qui en usent au demeurant fort respectueusement et auxquelles on ne saurait reprocher, bien sûr, d’entrer dans le vif de la réalité en question. Lire l’intégralité de l’article

Bruno-Marie Duffé

Dans le nouveau webzine de la Conférence des Évêques de France « Tout est lié », consacré à l’écologie intégrale, Bruno-Marie Duffé, Secrétaire du Dicastère pour le développement humain intégral, nous propose de réfléchir sur le « paradigme démocratique ». Cette expression du Pape François se trouve au chapitre 3 de son Encyclique « Laudato si – sur la sauvegarde de la maison commune ».

Penser un « autre paradigme culturel » du développement (Cf. Laudato si § 108) nécessite de revisiter ce qui, dans notre mémoire communautaire et dans nos convictions, a été disqualifié ou laissé à l’abandon, comme n’étant pas ou plus digne d’intérêt – à tous les sens du terme. Nous portons, chacun, des fragments précieux de cette mémoire : une tisane de plantes médicinales, des fruits dégustés à même les arbres, l’odeur du bois d’un atelier artisanal et le geste de celui qui sait lire les lignes du bois… le plat de pommes de terre pour un jour de fête, le verre d’eau fraîche tirée du puits… Nos frères et sœurs d’Amazonie aiment à nous dire que « chez eux, on commence par le silence, afin d’écouter parler le vent, les oiseaux et la Terre-Mère… Certains paysans prévoient ce que sera demain en regardant le ciel. Certains professeurs savent détecter les capacités d’un enfant… Certains chercheurs portent en eux une intuition qui les conduit à relier des connaissances anciennes et des données nouvelles…Je me souviens de ce médecin urgentiste qui s’adressait aux personnes qui ont perdu connaissance en leur expliquant, en quelques mots, ce qu’il faisait pour les soigner : il disait avoir appris cela d’un vieux médecin qui « parlait le soin » avant de l’accomplir afin d’associer le patient lui-même au chemin de sa guérison. Ce sont des savoirs que l’on porte en soi et qui ne sont pas toujours explicites. Mais ils engagent un rapport au réel, au connu et à l’inconnu. Et, par-dessus tout, ils reposent sur une expérience humaine qui relie la mémoire et l’histoire concrète d’un échange.Lire l’intégralité de article.

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